jeudi 19 octobre 2017

Les souffleurs de rêves - Mireille Pluchard



Infos sur le livre

éditions : Presses de la cité
date de publication : 05-10-2017
pages : 457
prix : 21€

Résumé éditeur


Dans les Cévennes, la lignée des Vilette, gentilshommes verriers, va-t-elle s'éteindre avec Elias, dernier du nom ? Une descendance inespérée scelle l'avenir de toute une dynastie et attise les rivalités de clans... Au XVIIe siècle, en Cévennes, la lignée des Vilette, gentilshommes-verriers, va-t-elle s'éteindre faute d'héritier ? Elias de Vilette, dernier du nom, après la mort de son épouse, est face à un choix cornélien. Il vient d'être père d'un petit François, fruit de ses amours avec une servante. Légitimer ce bâtard serait enfreindre les strictes règles de la corporation. Mais un remariage tardif et inespéré avec une jeune noble bien dotée sera couronné par la naissance d'un fils. Légitime cette fois. Pourtant, le talent et la vertu de François vont bouleverser les certitudes d'Elias et sceller l'avenir de toute une dynastie... 

Pourquoi ce livre ?


Merci aux Presses de la cité grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce nouveau roman d'une auteure que je suis avec beaucoup de plaisir et dont j'apprécie beaucoup le travail.

De quoi est-il question ?


Nous voici au 17ème siècle, au coeur des Cévennes. Elias de Vilette est le dernier héritier des gentilshommes-verriers et craint de voir l'affaire familiale disparaître. Il faut dire que de sa première union, avant que son épouse ne meurt, l'homme n'a eu que deux filles. Son seul fils, il le doit à une aventure hors mariage.

Ce fils, Elias a fait le choix de le reconnaître. Et même si l'enfant ne devra pas savoir qui est son père, son père lui veillera à ce que son enfant ne manque de rien et bénéficie d'une bonne éducation. Une éducation dont il compte également faire bénéficier ses filles. Mais la situation familiale n'est pas pour plaire à tout le monde, notamment à Rachel, la fille aînée de la famille.

Les années passent et la vie tente de garder ses droits malgré une réalité historique sévère entre guerres de rois, guerres de religions et misère des petites gens. Tendis que Rachel tente de conserver les droits sur sa famille, le jeune François grandit dans l'envie de réaliser ses rêves. Au coeur de tout ça, des romances ne tarderont pas à surgir...

Du côté de la forme...


Chaque année, vous parler du nouveau roman de Mireille Pluchard est devenu un passage obligé dans la vie du blog et chaque année c'est avec le même plaisir que je m'y attache. Lorsque j'ai vu le résumé de ce roman je n'ai donc pas hésité bien longtemps et une fois de plus ce fut un superbe moment.

Dans son nouveau roman, l'auteure nous plonge donc au coeur du 17ème siècle et ça, ça mérite d'être noté. En effet, dans la littérature régionale, il est plutôt rare de se retrouver dans cette part de l'Histoire pourtant très intéressante. Je l'avoue, je ne suis pas experte de ce siècle. Ainsi, au fil des pages, j'ai appris beaucoup sur les moeurs de ce temps.

Le début de ce roman m'a, je dois dire, assez perturbée avec une longue mise en place de la situation familiale et des liens entre ses membres. La première épouse, la maîtresse, la seconde épouse et au milieu de tout ça les enfants... Pas toujours simple de suivre mais très représentatif d'une époque où la famille n'était pas la même qu'aujourd'hui.

Concernant l'époque, justement, on sent que l'auteure connaît son sujet et qu'elle prend beaucoup de plaisir à nous offrir une plongée dans ce siècle entre zones de conforts et axes moins connus. Ainsi, il est prenant de retrouver le contexte des guerres de religion que l'on connaît bien et intéressant de découvrir les guerres de rois dont nous ne savons finalement pas grand-chose.

Et puis, dans ce roman, nous allons donc découvrir l'histoire de cette famille, ses relations parfois complexes, ses difficultés au quotidien et son besoin de vivre. Peu à peu, l'auteure va nous faire entrer dans leur intimité et nous faire découvrir leurs sentiments qui deviendront ceux du lecteur. Mention spéciale à Rachel qui saura se démarquée au sein d'une société très patriarcale.

C'est une nouvelle fois avec un immense plaisir que j'ai retrouvé l'écriture de Mireille Pluchard qui sait nous enseigner l'Histoire à travers des histoires de famille très symboliques. Elle sait nous offrir des personnages touchants et forts qui savent nous faire voir le monde, leur monde. Elle sait nous faire sourire et pleurer. Elle sait nous embarquer.

En conclusion...


Voici un roman que j'étais très curieuse de pouvoir découvrir et avec lequel j'ai une nouvelle passé un délicieux moment plein de tendresse et d'apprentissage. Voici un roman purement de régionalisme historique et pourtant bien différent des autres romans du genre dont on peut avoir l'habitude. Voici un roman qui donne envie de se replonger dans ses cours d'Histoire.
Si vous ne connaissez pas encore les romans de Mireille Pluchard, je ne peux que vous inviter à aller découvrir.

mercredi 18 octobre 2017

La vengeance du pardon - Etic-Emmanuel Schmitt



Infos sur le livre

éditions : Albin Michel
date de publication : 30-08-2017
pages : 336
prix : 21,50€

Résumé éditeur


Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psychologique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences. Comment retrouver sa part d'humanité quand la vie vous a entraîné dans l'envie, la perversion, l'indifférence, le crime ?

Pourquoi ce livre ?


Merci à Gilles Paris et aux éditions Albin Michel grâce auxquels j'ai pu découvrir ce nouveau livre d'un auteur dont on ne vente plus le talent et la bienveillance.

De quoi est-il question ?


Deux soeurs jumelles ravagées depuis leur plus jeune âge par une rivalité qu'elles ne maîtrise pas ; un homme cherchant à retrouver sa paternité gagnée avec une fille simple d'esprit des années plus tôt ; une femme qui va voir le meurtrier de sa fille en prison et cherche à avoir des réponses ; un homme recouvrant son passé durant la guerre par une fillette innocente...

Quatre histoires n'ayant rien en commun et mettant à jour des destins à la fois tellement différents et tellement semblables. Quatre histoires mettant à jour la folie du monde, la force du passé sur le présent, l'influence des autres sur nos propres vies. Quatre histoires où tout bascule lorsque le passé rattrape le présent.

Car dans le présent, Moïsette a été tuée par Lily, le fils renié des années plus tôt sera l'outil pour acquérir un héritage, la visite en prison est loin d'être désintéressée et humaniste, l'homme qui croyait haïr l'humanité se laissera attendrir par l'enfance. Alors, seulement, les destins se rejoindront pour faire face à toute l'horreur de l'humanité.

Du côté de la forme...


Vous le savez, la rentrée littéraire ce n'est pas forcément mon truc. Il y a pourtant quelques auteurs comme ça que j'ai plaisir à retrouver de roman en roman et Schmitt en fait partie pour son talent, tout simplement, à raconter des histoires.

Les nouvelles, en général, je n'en parle pas trop souvent ici. Non pas que je n'aime pas mais il m'est toujours difficile d'écrire des chroniques sur des recueils. Or, c'est sans avoir vu qu'il s'agissait de nouvelles que je me suis plongée dans ce livre et, très franchement, c'est la première fois depuis longtemps que je prends autant de plaisir à la lecture de nouvelles, un peu longues cela étant.

Ici, nous sommes en effet face à quatre textes qui vont de 80 pages à 100 pages chacun ce qui laisse suffisamment le temps de s'attacher à chaque personnage créé par l'auteur. Et à l'image d'un roman, il m'a été difficile à la fin de chaque nouvelle de laisser ces personnages derrière moi au moment, parfois, où j'aurais aimé en savoir plus sur la suite de leur histoire.

De prime abord, ces quatre histoires n'ont rien en commun, présentent des personnages totalement différents les uns des autres et des intrigues complètement distinctes que rien ne relie entre elles. Et pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près, on voit entre ces nouvelles un fil conducteur terrible : l'influence du passé et l'humanité parfois terrible.

La force de ce recueil réside en l'image qu'il nous montre de la nature humaine, de ce que nous croyons en savoir mais de ce qu'elle est en réalité. La force de ces histoires est de nous montrer combien nous connaissons peu le monde qui nous entoure et combien la haine peut conduire chacun au pire sans qu'il ne s'en rende compte.

La plume de l'auteur est une plume juste exceptionnelle. Nous la connaissions déjà pour ses romans fard à l'image de La part de l'autre mais de roman en roman, de nouvelle en nouvelle, il est beau de voir que la force de poésie et de bienveillance de l'auteur ne faibli pas. Il est beau de voir qu'il sait toujours aussi bien nous faire réfléchir sur le commun et l'extraordinaire du monde.

En conclusion...


Voici un livre qui m'attendait dans ma pal et que je suis ravie d'avoir pu lire dans le cadre d'un cours pour la fac. Voici un livre dont je ne savais trop que attendre mais qui fut pour moi une très belle découverte. Voici un recueil qui a su me raconter des histoires belles et terribles qui m'ont frappée et fait réfléchir sur des réalités terribles.
Eric-Emmanuel Schmitt est un artiste que tout le monde devrait lire au moins une fois et dont je ne manquerai pas de lire le prochain livre.

mardi 17 octobre 2017

L'Orphelinat - Emmanuelle Friedmann

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Infos sur le livre

éditeur : France Loisirs
date de publication : 14-01-2015
pages 296
prix : 14,50€

Résumé éditeur


1920, Saint-Malo. Olivier, neuf ans, n’a qu’une idée en tête, s’enfuir de l’orphelinat de la Victoire afin de retrouver sa mère. Il ne veut pas croire qu’elle soit morte, comme l’affirme le directeur de l’établissement. La vie est dure pour lui et ses camarades orphelins, maltraités par des surveillants retors et brutaux. D’autant qu’en plus d’étudier, ils sont obligés de travailler l’après-midi, sur le port ou dans les champs. Pendant ce temps, à Douarnenez, le vieux dirigeant d’une importante fabrique de sardines se reproche d’avoir banni son fils unique parce qu’il voulait se marier à une simple ouvrière. Dans l’espoir d’une réconciliation, il décide de le faire rechercher. Mais l’enquête tourne court. Tout se passe comme si quelqu’un avait effacé jusqu’aux moindres traces du couple et de son enfant…

Pourquoi ce livre ?


Merci à Amel de France Loisirs Saint-Etienne pour le prêt de ce roman dont la couverture et le résumé m'avaient beaucoup tentée.

De quoi est-il question ?


Nous sommes en 1920, à l'orphelinat de la Victoire à Saint-Malo. Olivier, Martin, Baptiste, Rémy... autant d'enfants devenus pupilles de la nation à la suite d'un abandon plus ou moins précoce, plus ou moins volontaire y résident et y vont à l'école. Mais malgré la bonté du Père qui souhaite aider ces enfants, la vie y est rude de par les mauvais traitements des surveillants et du directeur.

Alors, un jour, blessés dans leurs corps et dans leurs coeurs, les enfants décident de s'enfuir et de partir en quête de leurs familles. Martin ne vit que pour retrouver sa petite soeur, Olivier en est convaincu, sa mère est encore en vie et l'attend quelque part. Mais les enfants comprendront bien vite que leurs histoires sont plus complexes que ce qu'ils croyaient savoir.

Dix ans plus tôt, en 1910, tendis que le Père ... tente d'intégrer de nouvelles méthodes d'éducation au sein de l'orphelinat, tendis que les idées anciennes sur l'éducation restent bien gravés dans les esprits, à Douarnenez dans une fabrique de sardines le directeur fait preuve d'une autorité terrifiante sur ses employés et son fils qui ont conduit au départ de celui-ci. Dix ans plus tard, il veut faire amendement du passé...

Du côté de la forme...


Vous le savez, je suis une amoureuse de ce type de romans. N'ayant jamais eu la chance de pouvoir lire un roman de cette auteure, j'ai sauté sur l'occasion lorsque cela a été possible pour moi. Il faut que les histoires d'anciens convents et anciens orphelinats m'intriguent toujours beaucoup.

Dès le début de ce roman, l'auteure nous plonge dans une alternance d'époques entre 1910 et 1920, entre Douarnenez et Saint-Malo, entre l'ambiance d'une fabrique importante et celle d'un orphelinat où résident les plus malheureux. Il est assez terrible d'être confronté à ces différences d'autant que le lecteur comprend très vite que la clé sera dans l'entre-deux époques : la guerre.

Au début, il est un peu difficile pour le lecteur de comprendre le lien entre ces deux époques mais c'est avec beaucoup de talent que l'auteure parvient, peu à peu, à assembler les pièces du puzzle et à nous laisser entrevoir toute la complexité d'une époque. Elle nous laisse d'ailleurs envisager une réalité historique un peu différente de celle que l'on connait de ces années-là.

Mais la vraie réalité qui frappe de plein fouet le lecteur dans ce roman c'est la précarité et l'horreur des traitements au sein des orphelinats de l'époque : coups de fouets, cachots, punitions arbitraires... rien n'est épargné au jeunes garçons de ce roman et le lecteur n'a qu'envie d'y plonger pour les protéger des traitements dont ils sont victimes.

Enfin, ce roman se présente un peu comme une quête de soi : en cherchant leurs familles les enfants se cherchent eux-mêmes. Mais, surtout, au fil du roman, ils vont également apprendre peu à peu l'amitié, le courage et la confiance en l'autre. Et même si la fin du roman est prévisible, c'est le force émotionnelle qui compte ici.

Ce roman était le premier que je lisais de l'auteure et très vite je me suis laissée embarquée dans son style très fort et très documenté à la fois. Avec ses mots, elle parvient avec brio à nous faire sentir et ressentir le caractère vétuste de la bâtisse où évoluent les enfants. Avec ses personnages, elle nous fait réfléchir sur les rêves de l'enfance malgré le caractère parfois fort de certains d'eux.

En conclusion...


Voici un roman que je n'aurais probablement jamais lu si je n'avais pas eu la chance de me le voir prêter et je dois dire que je serais passée à côté de quelque chose vraiment pas mal du tout. Plongée dans l'ambiance des orphelinats des années 1920 j'ai su me laisser emporter dans l'histoire et dans le coeur de garçons catalogués mauvais par la société.
A tous les amateurs de romans du genre, n'hésitez pas ! J'espère pouvoir bientôt lire un autre roman de l'auteure.

lundi 16 octobre 2017

"C'est lundi, que lisez-vous ?" (168)

Initié par Mallou et repris par Galleane, ce rendez-vous hebdomadaire est fait pour répondre à trois questions :

- Qu'ai-je lu la semaine dernière ? 
- Que suis-je en train de lire ?
- Que vais-je lire ensuite ?


Salut mes lapinoux !
Une nouvelle semaine commence et il est l'heure pour moi de vous présenter tout ce que j'ai lu ces derniers jours. Malgré une semaine où j'ai été très prise, je dois d'ailleurs avouer que je suis plutôt contente du rythme de lecture que j'ai pu avoir.

- Ce que j'ai lu la semaine dernière

Adélaïde au bord de la falaise (Cal-Lévy-France de toujours et d'aujourd'hui) par [Malaval, Jean-Paul]Zombitions par [Mendonça, Aurélie]On la trouvait plutôt jolie par [BUSSI, Michel]


- Ce que je lis en ce moment


- Ce que je lirai ensuite

Séismes par [Simon, Valérie]

Et voilà pour moi cette semaine !
Et vous ? Quelles sont vos lectures du moment ?

dimanche 15 octobre 2017

In my mailbox (226)

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren  et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. Retrouvez l'ensemble des participants francophones chez Lilie.
Le rendez-vous hebdomadaire a été déplacé chez Lire ou Mourir.



Salut mes lapinoux !
Une nouvelle semaine s'achève et il est l'heure pour moi de vous présenter mes réceptions de la semaine, moins nombreuses que celle de la semaine dernière et pour la plupart dans le domaine du "très vite lu".

Mes réceptions

Le songe par [Fisher, Tarryn]


Mes achats


Et voilà pour moi cette semaine mes lapinoux !
Et vous ? Qu'avez-vous reçu de beau ces derniers jours ?

samedi 14 octobre 2017

Parmi les miens - Charlotte Pons



Infos sur le livre

éditions : Flammarion
date de publication : 23-08-2017
pages : 190
prix : 18€

Résumé éditeur


"Il y a peu de choses que je n'acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie." Quand le médecin leur annonce que leur mère est vivante mais en état de mort cérébrale, Manon laisse échapper qu'elle préfèrerait qu'elle meure. C'est trop tôt pour y penser, lui répondent sèchement Adèle et Gabriel. Délaissant mari et enfant, Manon décide de s'installer parmi les siens. Au coeur de cette fratrie grandie et éparpillée, elle découvre ce qu'il reste, dans leurs relations d'adultes, des enfants qu'ils ont été. Et tandis qu'alentour les montagnes menacent de s'effondrer, les secrets de famille refont surface. Qui était vraiment cette mère dont ils n'ont pas tous le même souvenir ? Charlotte Pons écrit une tragédie ordinaire tout en tension psychologique et révèle un talent fou pour mettre en scène, dans leur vérité nue, les relations familiales.

Pourquoi ce livre ?


Merci aux éditions Flammarion grâce auxquelles j'ai pu découvrir ce roman de la rentrée littéraire au résumé très touchant et à la thématique très forte.

De quoi est-il question ?


Tout commence lorsque la mère de la narratrice est victime d'un accident de la route et sombre dans le coma. Et les médecins ne font preuve que de peu d'espoir. Alors la narratrice sait, elle sait que la mère devra être euthanasiée, elle le sait même si son frère et sa soeur se mettent des oeillères et affirment qu'il reste de l'espoir.

Laissant mari et enfant, Manon va donc s'installer au sein d'une famille au bord de l'implosion : un père devenu presque invisible, une soeur qui lui vous une rancoeur qu'elle ne s'explique pas, un frère aux troubles psychiques importants qui pourrait bien rechuter dans de telles circonstances. Au milieu de tout ça, Manon oscillera entre épreuves du présent et passé resurgissant.

Car les retrouvailles en famille pousseront Manon à se souvenir, se souvenir de cette mère distante, de cette grand-mère apparue une seule fois, de ce frère au comportement imprévisible, de cette soeur trop souvent acerbe. Le présent poussera Manon a devoir faire face, faire face à une mère devenue totalement dépendante et pour laquelle la médecine ne peut rien.

Du côté de la forme...


En général, je ne suis la rentrée littéraire que de très loin, ce n'est pas là ce qui m'intéresse le plus dans le monde de la littérature. Pourtant, lorsque je suis tombée sur ce titre, je ne sais pas, quelque chose s'est passé qui m'a donné envie de le lire. Oh que j'ai bien fait !

Dès les premières lignes du roman, c'est un véritable coup de poing que j'ai reçu avec cet accident de la mère plongée dans le coma, avec cette question de l'euthanasie omniprésente, avec cette horreur absolue qui va pousser les personnages dans leurs retranchements. Car comment ne pas s'imaginer à la place de la narratrice ? Comment ne pas imaginer sa propre mère en celle présentée ici ?

Coup de poing aussi de par les relations entre les personnages qui nous sont proposées au fil des pages, des relations complexes que l'on ne comprend pas très bien au début et qui s'éclairent peu à peu. Des relations surtout entre frère et soeurs aussi fortes que complexes, aussi touchantes que mortifères. Des relations entre fille et mère aussi qui se révéleront éprouvantes.

Ces relations vont d'ailleurs servir une histoire familiale qui dépassera de loin la seule histoire de l'accident de la mère. Révélation après révélation, l'auteure va en effet nous conduire jusqu'à un profond secret de famille dont je ressors chamboulée et meurtrie, le genre de secret qui explique beaucoup de choses sur l'histoire de cette famille.

L'auteur va mêler présent et passé pour nous présenter à la fois l'épreuve d'aujourd'hui face au corps dépendant de la mère et à la fois les épreuves d'hier avec les troubles de chacun. D'ailleurs, c'est en filigrane que nous en sauront un peu plus sur cette famille : des noms, des histoires, des âges ou encore des origines. Ce que nous jugerions d'emblée essentiel mais qui n'est que secondaire ici.

Coup de poing littéraire enfin ! Je vous parle toujours du style de l'auteure mais cela est particulièrement pertinent ici pour un style tout à fait exceptionnel qui choque, qui trouble, qui émeut. Un style qui s'adapte entre la rétrospection et le récit présent. Un style qui n'est jamais larmoyant mais qui dit les choses telles qu'elles sont non sans dévoiler les souffrances des personnages.

En conclusion...


Voici un roman qui m'a attirée comme un aimant sur le programme de l'éditeur, que j'ai commencé sans trop savoir dans quoi je mettais les pieds, qui m'a embarquée de bout en bout et m'a fait réfléchir sur des questions encore trop souvent tabous. Voici un roman qui sait parler des émotions sans en faire trop et mettre le doigt sur des sujets terribles. Un véritable coup de coeur.
Si vous recherchez un très bon roman de la rentrée littéraire, et premier roman qui plus est, n'hésitez pas !

vendredi 13 octobre 2017

Manifeste incertain, 1 - Frédéric Pajak



Infos sur le livre

éditions : Noir sur blanc
date de publication : 18-10-2012
pages : 176
prix : 23€

Résumé éditeur


Ce premier tome du Manifeste incertain se propose d'évoquer à la fois le destin de Walter Benjamin dans l'Europe en crise, celui de deux jeunes néofascistes à la fin des années quatre-vingt et différentes figures de l'art moderne Bram van Velde, Samuel Beckett, Edward Hopper , comme des contrepoints au récit. Roman anti-romanesque, méditation sur le roman, roman fragmenté, écrit et dessiné, le Rêveur abîmé dans le paysage est conçu comme un voyage dans la beauté, la fureur, la bêtise, les illusions et le désenchantement.

Pourquoi ce livre ?


C'est en vue de la présence de l'auteur à la Biennale des illustrateurs de Moulins que j'ai eu envie de découvrir son univers et de me plonger dans ce titre.

De quoi est-il question ?


Très tôt, Frédéric Pajak se voit fermer les portes de l'édition malgré ses rêves de Beaux-Arts et de livres depuis l'enfance. Mais les refus lui donneront bientôt envie de se plonger dans un vaste projet, le projet du Manifeste, où il aura à coeur de conter, de manière tout à fait novatrice, la vie de Walter Benjamin. Voilà l'avant-propos de l'ouvrage.

D'une enfance heureuse de l'auteur au suicide de Benjamin en 1940, de l'Italie à la Grève, des premières parades ovationnées de Mussolini aux horreurs de la guerre, telle fut la vie de Walter Benjamin confronté à l'horreur absolue à laquelle nul ne s'était préparé. Une histoire proche de l'absurdité des oeuvres de Beckett et pourtant si vraie...

Du côté de la forme...

Sans doute ne me serais-je jamais arrêtée sur cet ouvrage sans la biennale de Moulins et, au sortir de ma lecture, je dois bien reconnaître que je ne sais pas trop que penser de ce que j'ai pu découvrir au fil des pages.

L'ouvrage commence par un avant-propos de l'auteur visant à définir son projet. Et si l'idée m'a parue intéressante ne serait-ce que par le côté très flou du titre, j'ai eu un peu de mal à comprendre ce que cherchais à me dire l'auteur si ce n'est que ce projet était né suite à une succession d'échecs pour l'artiste. Etrange sensation...

Après une première partie autobiographique où l'auteur dévoile son attachement à sa grand-mère et une deuxième partie plutôt axée sur la personnalité de Beckett semblant avoir beaucoup inspiré Pajak, l'auteur nous plonge dans le biographie de Benjamin au travers de sa vie, de ses voyages et de ses sentiments au coeur de la montée du fascisme en europe.

Le style de l'auteur se réfère à la fois dans son écriture et à la fois dans son dessin. J'ai beaucoup aimé le travail d'illustration proposé en noir et blanc, emprunt de réalisme et à la fois très sombre qui immerge comme dans un autre monde. Le style est proche de celui de l'essai où l'auteur cherche à mettre des mots sur des sujets et sur une vie.

Il est vrai que je reste dans un flou de langage pour l'écriture de cette chronique mais ce flou est le même que celui qui reste dans mon esprit au sortir de cette lecture. Je serais bien incapable de retracer la vie de Benjamin ou même de reparler précisément du travail de l'auteur mais me restent des sensations, des émotions et des odeurs...

En conclusion...


Voici un livre que je n'aurais sans doute jamais lu sans la biennale de Moulins et que je suis plutôt contente d'avoir pu découvrir ne serait-ce que pour pouvoir dire que je connais. Aussi, si vous vous intéressez aux ouvrages d'artistes et aux livres un peu différent, je vous dirais pourquoi pas. Je vous engage à découvrir par vous-même cette oeuvre hors norme.
Pour ma part, je suis contente de connaître mais je ne pense pas que je lirai d'autres titres de l'auteur.